Ce matin, en préparant mes œufs au plat, j’ai hésité devant une boîte d’œufs de mes poules dont j’avais perdu le fil des dates de ramassage. Claire m’a lancé : « Émilien, encore en train de jouer à la roulette russe avec les œufs ? ». Elle n’avait pas tort, j’ai déjà eu quelques mauvaises surprises en cassant des œufs douteux dans ma poêle. Un œuf frais se reconnaît principalement au test de flottaison : plongé dans un verre d’eau froide, il coule et reste à plat au fond (extra-frais de moins de 9 jours), se relève légèrement en gardant contact avec le fond (frais de 9 à 21 jours), ou flotte complètement à la surface (périmé au-delà de 28 jours). Cette méthode simple et fiable s’explique par l’agrandissement progressif de la chambre à air interne qui allège l’œuf au fil du temps.
Après cinq ans d’élevage de poules et des centaines d’œufs ramassés, testés, et consommés, j’ai appris à distinguer instantanément un œuf impeccable d’un œuf limite grâce à plusieurs techniques complémentaires qui évitent gaspillage et intoxications.

Pourquoi un œuf se dégrade-t-il avec le temps ?
Comprendre les mécanismes de vieillissement d’un œuf permet d’interpréter correctement les signes de fraîcheur ou de dégradation. Ce n’est pas de la magie, juste de la biologie.
La chambre à air qui s’agrandit
Un œuf fraîchement pondu contient une chambre à air minuscule de 2 à 4 mm de hauteur située au gros bout, entre la membrane coquillière et la membrane externe du blanc. Cette poche d’air se forme lors du refroidissement de l’œuf après la ponte, le contenu se contractant légèrement.
Avec le temps, l’eau contenue dans le blanc s’évapore progressivement à travers les 6 000 à 8 000 pores microscopiques de la coquille. Cette perte d’humidité (environ 2 % par semaine à température ambiante) agrandit la chambre à air qui atteint 6 mm après 9 jours (limite œuf extra-frais), 9 à 12 mm après 21 jours (limite œuf frais), et plus de 15 mm après 28 jours (péremption).
Cet agrandissement allège l’œuf qui pèse initialement 53 à 73 grammes selon calibre et perd 0,5 à 1 gramme par semaine. Un œuf de 60 grammes à la ponte ne pèse plus que 57 à 58 grammes après 4 semaines. Cette perte de densité explique le test de flottaison, l’œuf devenant progressivement plus léger que l’eau.
Bon, je vous avoue, la première fois que Pierre m’a expliqué cette histoire de chambre à air, j’ai cru qu’il me prenait pour un idiot. Puis j’ai miré mes œufs avec une lampe de poche et effectivement, cette poche noire grandissait de semaine en semaine. Fascinant et logique.
L’altération des protéines du blanc
Le blanc d’œuf (albumen) contient 40 protéines différentes dont l’ovomucine responsable de sa consistance gélatineuse. Avec le temps, ces protéines se dénaturent partiellement sous l’effet du pH qui augmente de 7,6 (œuf frais) à 9,2 (œuf de 3 semaines) par perte de CO2 à travers la coquille.
Cette alcalinisation progressive rend le blanc plus liquide et translucide, perdant sa texture ferme et opalescente caractéristique. Un œuf extra-frais présente un blanc épais bombé autour d’un jaune bien centré. Un œuf de 3 semaines montre un blanc aqueux qui s’étale largement avec un jaune mobile décentré.
La dégradation continue jusqu’à 4 à 6 semaines où le blanc devient quasi-liquide comme de l’eau, signe évident de péremption avancée. Les protéines déstructurées perdent leurs propriétés fonctionnelles, l’œuf ne monte plus en neige correctement et ne coagule plus normalement à la cuisson.
Le développement bactérien potentiel
La coquille et ses membranes constituent une barrière protectrice efficace mais non hermétique. Des bactéries pathogènes, principalement Salmonella enteritidis, peuvent contaminer l’œuf de deux façons : contamination interne pendant la formation dans l’oviducte d’une poule porteuse (rare, 0,5 à 1 % des œufs), ou contamination externe via la coquille souillée après ponte.
Ces bactéries se multiplient d’autant plus rapidement que l’œuf vieillit et que la température de conservation est élevée. À 20°C ambiante, doublement de la population toutes les 8 à 12 heures. À 4°C (réfrigérateur), multiplication très ralentie voire stoppée. Cette différence majeure explique l’importance cruciale de la conservation au frais.
Un œuf très vieux (au-delà de 6 semaines) même conservé au froid présente un risque bactérien accru même sans odeur suspecte. La dégradation des défenses naturelles (lysozyme, conalbumines) facilite la prolifération microbienne. D’où l’importance de respecter les dates limites et ne jamais consommer un œuf douteux cru ou peu cuit.

Le test de flottaison : méthode la plus fiable
Ce test ancestral utilisé depuis des siècles par nos grands-mères reste la technique la plus simple et précise pour évaluer rapidement la fraîcheur sans casser l’œuf.
Comment réaliser le test correctement
Remplissez un récipient transparent (verre, saladier, bol) d’eau froide du robinet sur 10 à 15 cm de hauteur. La température importe peu mais l’eau froide rend l’observation plus nette. Plongez délicatement l’œuf dans l’eau et observez son comportement sans le toucher.
Un œuf extra-frais (moins de 9 jours) coule immédiatement et reste couché à plat au fond, chambre à air vers le haut. Position parfaitement horizontale indiquant une chambre à air minimale de 4 à 6 mm. Qualité optimale pour tous usages, notamment consommation à la coque ou œufs pochés.
Un œuf frais (9 à 21 jours) coule également mais se relève légèrement en équilibre sur la pointe, formant un angle de 20 à 45° avec le fond. Le gros bout contenant la chambre à air remonte tandis que la pointe reste en contact avec le fond. Qualité correcte pour œufs durs, omelettes, pâtisserie.
Un œuf limite (21 à 28 jours) se dresse presque verticalement au fond, parfois légèrement décollé, formant 60 à 80° avec le fond. Consommation possible uniquement bien cuit (dur, pâtisserie cuite), à éviter pour œufs mollets ou mayonnaise. Contrôle olfactif obligatoire après cassage.
Un œuf périmé (au-delà de 28 jours ou contaminé) flotte complètement à la surface, parfois avec une partie émergée hors de l’eau. Chambre à air énorme occupant 25 à 40 % du volume total. Élimination immédiate sans même casser, risque sanitaire inacceptable.
J’effectue systématiquement ce test sur mes œufs de poules dont j’ai perdu la trace de ramassage. Sur 10 œufs testés la semaine dernière, 6 gisaient à plat (extra-frais utilisés à la coque), 3 se dressaient à 30° (frais utilisés en omelette), 1 flottait totalement (jeté directement au compost). Tri efficace en 2 minutes.
Les limites et précautions du test
Ce test indique la fraîcheur relative mais ne détecte pas une contamination bactérienne récente sur un œuf encore frais. Un œuf de 5 jours contaminé par salmonelles coulera parfaitement au fond tout en présentant un danger. Complétez toujours par test olfactif après cassage.
Les œufs lavés industriellement perdent leur cuticule protectrice naturelle, accélérant le dessèchement et l’agrandissement de la chambre à air. Un œuf lavé de 15 jours peut se comporter comme un œuf non lavé de 21 jours. Cette différence mineure n’affecte pas fondamentalement la fiabilité du test.
Certains œufs présentent des anomalies congénitales : chambre à air surdimensionnée dès la ponte, double chambre à air, coquille excessivement poreuse. Ces cas rares (moins de 1 %) faussent le test. Si un œuf tout juste pondu flotte, cassez-le pour vérification visuelle et olfactive avant d’éliminer.
Les autres tests complémentaires de fraîcheur
Le test de flottaison se combine avantageusement avec d’autres vérifications simples qui affinent le diagnostic et sécurisent la consommation.
Le test du mirage à la lumière
Tenez l’œuf devant une source lumineuse puissante (lampe de poche LED, lumière de smartphone) dans une pièce sombre. La coquille translucide laisse apparaître l’intérieur par transparence. Observez la chambre à air (zone sombre au gros bout), le jaune (tache sombre centrale mobile), et le blanc (zone claire).
Une chambre à air de 4 à 6 mm indique extra-fraîcheur, 6 à 9 mm fraîcheur normale, au-delà de 12 mm vieillissement avancé. Le jaune doit rester central et peu mobile quand vous tournez lentement l’œuf. Un jaune très mobile qui colle contre la coquille signale dégradation des chalazes (filaments fixant le jaune) et perte de fraîcheur.
Recherchez également les défauts rédhibitoires : taches de sang (petits caillots rouges sans danger mais inesthétiques), taches de viande (débris tissulaires), moisissures noires (contamination fongique, œuf impropre), fêlures de coquille (risque bactérien majeur). Ces anomalies visibles au mirage justifient élimination immédiate.
Pierre utilise une mireuse professionnelle à 35 euros pour trier ses œufs destinés à la vente. Moi je me contente de ma lampe de poche à 8 euros qui fonctionne parfaitement pour mes besoins domestiques. Technique rapide permettant de contrôler 20 œufs en 5 minutes.
Le test d’audition en secouant l’œuf
Tenez l’œuf près de votre oreille et secouez-le doucement par petits mouvements de rotation. Un œuf extra-frais ne produit aucun bruit, le contenu gélatineux compact ne bouge pas à l’intérieur. Un œuf frais génère un très léger clapotis à peine audible, le blanc commençant à se liquéfier.
Un œuf vieux émet un bruit de ballottement franc et audible, le jaune et le blanc liquéfiés cognant contre la coquille. Ce son caractéristique de « ploc-ploc » trahit une dégradation avancée même sans flottaison complète. Fiabilité correcte mais inférieure au test de flottaison, à utiliser en complément.
Attention à ne pas secouer trop vigoureusement un œuf frais car vous risquez de rompre les chalazes et endommager le jaune, le rendant impropre à certaines utilisations (œufs pochés, mayonnaise). Mouvements doux et mesurés suffisent amplement pour détecter le ballottement suspect.
L’examen visuel et olfactif après cassage
Cassez l’œuf dans un récipient blanc (assiette, bol) permettant observation optimale. Un œuf extra-frais présente un jaune bombé et ferme orange vif à jaune doré, un blanc épais opalescent formant halo compact autour du jaune, et un blanc liquide externe réduit s’étalant peu.
Un œuf frais montre un jaune moins bombé légèrement aplati, blanc épais encore présent mais réduit, blanc liquide plus abondant s’étalant davantage. Qualité acceptable pour tous usages cuits. Un œuf limite affiche un jaune plat fragile se crevant facilement, blanc quasi-liquide s’étalant largement comme de l’eau. Utilisation uniquement bien cuit.
L’olfaction constitue le test ultime : approchez votre nez de l’œuf cassé et inspirez franchement. Odeur neutre légèrement soufrée normale pour œuf frais. Odeur forte de soufre, de pourri, d’ammoniac, ou toute senteur suspecte signe contamination bactérienne. Élimination immédiate sans consommation même après cuisson, les toxines bactériennes résistent partiellement à la chaleur.
J’ai cassé un œuf suspect la semaine dernière qui avait passé le test de flottaison (il se dressait à 60°). Dès cassage, odeur pestilentielle me soulevant le cœur. Poubelle immédiate et aération de la cuisine pendant 20 minutes. Le test olfactif reste le filet de sécurité final incontournable.

Comment lire et comprendre les dates sur les œufs
Les mentions obligatoires imprimées sur les œufs commerciaux fournissent informations précieuses sur fraîcheur et traçabilité. Encore faut-il savoir les déchiffrer correctement.
La DCR : Date de Consommation Recommandée
Les œufs commerciaux portent une DCR (Date de Consommation Recommandée) correspondant à 28 jours après ponte. Cette date limite légale garantit consommation sans risque sanitaire majeur sous réserve de conservation au frais. Format d’impression variable : « À consommer de préférence avant le JJ/MM/AA » ou « DCR : JJ/MM/AA ».
Au-delà de cette date, l’œuf reste techniquement consommable pendant 5 à 7 jours supplémentaires uniquement bien cuit (dur, pâtisserie cuite 70°C minimum). Interdiction formelle de consommer cru ou peu cuit (coque, mollet, mayonnaise, mousse) un œuf dépassant sa DCR. Le risque sanitaire devient inacceptable.
La réglementation européenne impose également une mention de ponte facultative sur certains conditionnements : « Pondu le JJ/MM/AA ». Cette information plus précise permet de calculer exactement l’âge et d’appliquer les critères extra-frais (moins de 9 jours) ou frais (9 à 21 jours). Privilégiez les producteurs affichant cette transparence.
Ma boîte d’œufs bio achetée hier affiche DCR 28/05/2026, soit ponte théorique le 30/04/2026 (28 jours avant). Ces œufs ont donc 3 jours aujourd’hui (03/05/2026), qualité extra-fraîche garantie pour œufs à la coque. Calcul systématique avant utilisation pour adapter la préparation. Pour d’autres productions de qualité fermière, découvrez aussi les différentes catégories d’œufs et leurs critères de classification.
Le marquage du code producteur
Chaque œuf commercial porte un code alphanumérique obligatoire indiquant mode d’élevage et traçabilité : premier chiffre (0 = bio, 1 = plein air, 2 = sol, 3 = cage), deux lettres du pays (FR = France), puis numéro d’identification du producteur. Exemple : 1FR ABC12 signifie œuf plein air français du producteur ABC12.
Ce code permet de tracer l’origine en cas de problème sanitaire et orienter le choix selon vos convictions (privilégier bio ou plein air). Les œufs 0 et 1 proviennent de poules ayant accès extérieur, généralement plus résistantes aux maladies et produisant œufs de meilleure qualité nutritionnelle.
Les œufs fermiers vendus directement sans conditionnement échappent à cette obligation de marquage individuel mais le producteur doit tenir registre de ponte et fournir ces informations sur demande. Mes œufs de poules ne portent évidemment aucun code, je note simplement la date de ramassage au crayon sur les coquilles.
La conservation optimale prolonge la fraîcheur
Stockez vos œufs au réfrigérateur entre 4 et 8°C pointe vers le bas (chambre à air en haut) dès réception. Cette position maintient le jaune centré par gravité et ralentit considérablement le vieillissement : perte de 0,5 % d’humidité par semaine au frais contre 2 % à température ambiante.
Ne lavez jamais les œufs avant stockage car vous détruisez la cuticule protectrice naturelle qui obstrue partiellement les pores et limite la pénétration bactérienne. Lavage uniquement juste avant utilisation si la coquille est très souillée. Les œufs propres se conservent tels quels sans nettoyage.
Évitez les chocs thermiques répétés (sortie/rentrée du frigo) qui provoquent condensation favorisant la pénétration microbienne. Sortez uniquement les œufs nécessaires 30 minutes avant utilisation pour qu’ils atteignent température ambiante (meilleur montage en neige du blanc, moins de risque d’éclatement en cuisson).
Claire insiste pour que je range mes œufs de poules au frigo dès le ramassage. Bon, j’avoue qu’avant son intervention, je les laissais traîner dans un panier sur le plan de travail pendant des semaines. Depuis que je réfrigère systématiquement, zéro problème de conservation et fraîcheur maintenue 5 à 6 semaines sans souci.

Quand et comment utiliser un œuf selon sa fraîcheur ?
Tous les œufs frais ne se valent pas pour tous les usages culinaires. Adapter la préparation à la fraîcheur optimise résultats et sécurité sanitaire.
Les œufs extra-frais (moins de 9 jours)
Cette catégorie d’excellence se destine aux préparations crues ou peu cuites valorisant texture ferme et saveur délicate : œufs à la coque (3 minutes d’ébullition), œufs pochés (blanc compact ne s’effilochant pas), œufs mollets (6 minutes), mayonnaise maison, mousse au chocolat, tiramisu, pâte à tartiner crue.
Le blanc extra-frais monte en neige exceptionnellement ferme et stable, indispensable pour meringues, soufflés, macarons, génoises aériennes. Le jaune bombé résiste à la manipulation sans se crever, facilitant la séparation blanc-jaune et les œufs au plat parfaits avec jaune intact.
Ces œufs se vendent souvent avec mention « extra-frais » ou « œufs du jour » en circuit court ou marchés, prix majoré de 20 à 40 % (3,50 à 5 euros les 6 contre 2,50 à 3,50 euros pour œufs standards). Cette qualité supérieure justifie le surcoût pour amateurs exigeants.
Mes poules pondent 4 à 6 œufs quotidiens que je ramasse le soir même. Le lendemain matin, œufs à la coque parfaits pour le petit-déjeuner dominical, jaune coulant crémeux et blanc juste pris. Les gamins adorent tremper leurs mouillettes dans ce jaune onctueux impossible à obtenir avec des œufs de 3 semaines.
Les œufs frais standards (9 à 21 jours)
Cette gamme courante convient à toutes les préparations cuites : œufs durs (10 minutes d’ébullition), omelettes, œufs brouillés, quiches, tartes, crêpes, gâteaux, biscuits, pâtes fraîches, gratins, flans. La cuisson complète (blanc et jaune coagulés) élimine le risque bactérien résiduel.
Le blanc légèrement liquéfié se mélange plus facilement dans les pâtes et appareils, avantage pour pâtisserie et cuisine courante. Le jaune moins ferme s’incorpore mieux dans les préparations nécessitant émulsion (crèmes, sauces). Polyvalence maximale pour 80 % des recettes quotidiennes.
Ces œufs représentent l’essentiel du marché grand public, disponibles en grandes surfaces, épiceries, marchés à prix standard de 2,50 à 4 euros les 6 selon label (standard, Label Rouge, bio). Rapport qualité-prix optimal pour consommation familiale régulière.
J’utilise mes œufs de 10 à 20 jours pour toutes mes pâtisseries, omelettes, et préparations cuites. Production constante de 25 à 35 œufs hebdomadaires, impossible de tout consommer extra-frais. Cette catégorie intermédiaire reste excellente et parfaitement sûre bien cuisinée.
Les œufs limites (21 à 28 jours)
Utilisez ces œufs uniquement bien cuits avec température à cœur dépassant 70°C pendant au moins 2 minutes : œufs durs, gâteaux cuits, crêpes bien dorées, pâtes fraîches bouillies. Interdiction absolue de consommation crue (mayonnaise) ou peu cuite (coque, mollet, œufs au plat coulants).
Le blanc très liquide s’étale excessivement à la casse, rendant difficile la réalisation d’œufs au plat présentables. Le jaune fragile se crève au moindre choc, compliquant la séparation blanc-jaune. Résultats culinaires dégradés pour préparations nécessitant fermeté.
Prix souvent soldés de 30 à 50 % en approche de DCR dans les grandes surfaces cherchant à écouler stocks avant péremption : 1,50 à 2 euros les 6. Opportunité acceptable pour pâtisserie ou œufs durs si budget serré, mais vigilance olfactive renforcée après cassage.
Pierre récupère parfois des lots proches de DCR vendus 1 euro les 12 œufs en fin de marché. Utilisation exclusive en œufs durs pour ses chiens et poules (apport protéique économique). Technique de récupération anti-gaspillage pertinente pour alimentation animale, moins recommandable pour consommation humaine.
Les œufs périmés : aucune utilisation alimentaire
Au-delà de 28 jours après ponte (DCR dépassée), les œufs deviennent impropres à la consommation humaine même bien cuits. Le risque bactérien (salmonelles, staphylocoques) devient statistiquement significatif, les toxines produites résistant partiellement à la chaleur. Élimination obligatoire sans exception.
Ces œufs trouvent des usages non alimentaires acceptables : compost (source azotée et calcique excellente), engrais liquide fermenté pour plantes (1 œuf pour 1 litre d’eau, fermentation 15 jours, dilution 1/10), clarification de bouillon (blanc coagulant emprisonne impuretés), masque capillaire cosmétique (jaune nourrissant).
Ne donnez jamais d’œufs pourris à vos animaux domestiques ou volailles, le risque bactérien les concerne également. Compostage reste la voie d’élimination la plus écologique et sûre. Enfouissement à 20 cm de profondeur évite odeurs et attire moins les nuisibles.
J’ai rarement des œufs dépassant 28 jours grâce à la rotation régulière et ma consommation soutenue (famille de quatre, pâtisseries fréquentes). Les rares périmés finissent au compost où ils se décomposent en 3 à 4 semaines, enrichissant mon terreau potager. Cercle vertueux sans gaspillage.
Les risques sanitaires liés aux œufs avariés
Consommer un œuf contaminé expose à des intoxications alimentaires potentiellement graves qu’il faut connaître pour évaluer correctement les risques.
La salmonellose : infection la plus fréquente
Salmonella enteritidis contamine 0,5 à 3 % des œufs selon les études et conditions d’élevage. Cette bactérie provoque gastro-entérites aiguës 6 à 72 heures après ingestion : diarrhées abondantes, vomissements, fièvres à 38-40°C, crampes abdominales violentes. Durée 3 à 7 jours avec déshydratation sévère possible.
Les populations vulnérables (enfants de moins de 5 ans, femmes enceintes, personnes âgées, immunodéprimés) risquent complications graves : bactériémie (passage sanguin), méningites, infections osseuses. Hospitalisation parfois nécessaire, décès exceptionnels mais documentés (environ 400 morts annuels en France toutes salmonelloses confondues).
La cuisson complète (blanc et jaune coagulés, 70°C à cœur pendant 2 minutes) détruit totalement les salmonelles. Seule la consommation crue ou peu cuite d’œufs contaminés présente un danger réel. D’où l’importance cruciale de réserver les œufs extra-frais aux préparations peu cuites et cuire à cœur les œufs de fraîcheur douteuse.
Mon oncle a contracté une salmonellose sévère après consommation de mousse au chocolat maison préparée avec des œufs de 25 jours. Trois jours d’hospitalisation, perte de 4 kg, convalescence de deux semaines. Depuis, il ne plaisante plus avec les dates et réserve strictement les œufs de moins de 9 jours aux préparations crues.
Les autres contaminations possibles
Staphylococcus aureus produit une entérotoxine thermostable résistant partiellement à la cuisson. Intoxication 1 à 6 heures après ingestion : nausées brutales, vomissements violents, crampes. Récupération rapide en 24 à 48 heures mais désagréable. Contamination favorisée par coquille fêlée et conservation à température ambiante.
Les moisissures (Aspergillus, Penicillium, Mucor) colonisent occasionnellement les œufs stockés en milieu très humide. Taches noires, vertes, ou blanches visibles à l’œil nu sur coquille ou détectables au mirage. Production de mycotoxines potentiellement cancérigènes à long terme. Élimination systématique sans hésitation.
Les contaminations chimiques (résidus de pesticides, antibiotiques, dioxines) restent rarissimes sur œufs commerciaux français soumis à contrôles stricts. Privilégiez labels bio ou Label Rouge pour minimiser exposition résiduelle. Mes œufs de poules élevées sans traitement chimique présentent risque nul sur ce plan.
Pour résumer : les tests simples pour vérifier la fraîcheur
Un œuf frais se reconnaît au test de flottaison : plongé dans l’eau froide, il coule et reste à plat (extra-frais moins de 9 jours), se dresse légèrement en gardant contact avec le fond (frais 9 à 21 jours), se redresse presque verticalement (limite 21 à 28 jours), ou flotte complètement (périmé au-delà de 28 jours). Ce test fiable exploite l’agrandissement progressif de la chambre à air interne qui allège l’œuf avec le temps. Complétez par mirage à la lumière (chambre à air de 4 à 6 mm = extra-frais), test d’audition en secouant (silence = frais, ballottement = vieux), et examen olfactif après cassage (odeur neutre = bon, odeur de pourri = contamination).
La Date de Consommation Recommandée (DCR) correspond à 28 jours après ponte, limite légale de consommation sans risque. Les œufs extra-frais (moins de 9 jours) conviennent aux préparations crues ou peu cuites (coque, mayonnaise, mousse), les œufs frais (9 à 21 jours) à toutes préparations cuites (dur, pâtisserie, omelette), les œufs limites (21 à 28 jours) uniquement bien cuits à 70°C minimum. Conservation optimale au réfrigérateur entre 4 et 8°C pointe vers le bas, sans lavage préalable pour préserver la cuticule protectrice.
La consommation d’œufs contaminés expose à salmonellose (gastro-entérite sévère 6 à 72 heures après ingestion) touchant particulièrement enfants, femmes enceintes, personnes âgées. La cuisson complète (blanc et jaune coagulés, 70°C pendant 2 minutes) détruit les salmonelles, seules les préparations crues ou peu cuites d’œufs douteux présentent danger réel. Respectez strictement les tests de fraîcheur et DCR pour sécuriser votre consommation.
Si cette question de la qualité des productions fermières vous intéresse, vous vous demandez probablement aussi combien de temps conserver différents aliments pour optimiser votre gestion domestique, ou comment gérer efficacement votre élevage pour une production régulière d’œufs frais. La maîtrise des tests de fraîcheur évite gaspillage alimentaire et intoxications tout en valorisant pleinement vos productions ou achats.

Salut ! Moi c’est Émilien, 38 ans, et si on m’avait dit il y a 10 ans que je me leverais à 6h pour aller traire des chèvres, j’aurais bien rigolé !
Ancien informaticien à Lyon pendant 12 ans, j’ai tout quitté en 2018 avec ma femme Claire et nos deux enfants pour reprendre une ferme de 8 hectares en Auvergne. Pas par romantisme, enfin pas que, mais parce qu’on en avait marre du métro-boulot-dodo.
J’ai eu de la chance d’avoir grandi chez mes grands-parents agriculteurs dans le Cantal. Ça m’a donné les bases, même si j’avais tout oublié ! Aujourd’hui, je fais du maraîchage bio sur 2 hectares, j’élève 15 chèvres dont je transforme le lait, je m’occupe de 8 ruches et je rénove les bâtiments quand j’ai le temps.
Claire gère la partie transformation et la vente directe, moi je suis plutôt terrain. Les enfants adorent la vie ici, même s’ils râlent parfois quand il faut donner un coup de main !
Sur ce blog, je raconte ce que je vis au quotidien : mes techniques qui marchent, mes plantages mémorables (et il y en a !), les trucs que m’ont appris les anciens du coin. Pas de grands discours, juste du concret testé sur le terrain.
Parce qu’au final, on apprend tous ensemble, non ?




