La poule olivette fascine de plus en plus d’éleveurs amateurs, et ce n’est pas un hasard. Hybride née du croisement entre une Marans et une Araucana, elle cumule le meilleur des deux mondes : la robustesse d’une pondeuse de campagne et la singularité d’œufs à la teinte vert olive, parfaitement reconnaissables parmi tous les paniers du marché. Claire avait repéré ces drôles d’œufs chez une voisine un dimanche matin, et depuis ce jour-là, l’olivette a trouvé sa place dans notre poulailler en Auvergne, aux côtés des Marans noires cuivrées qu’on élevait déjà depuis nos débuts.
Ce qui rend cette poule attachante, c’est précisément son caractère hybride. Elle n’est inscrite à aucun standard officiel, elle ne fait l’objet d’aucune sélection figée, et pourtant elle affiche une personnalité bien marquée : active, curieuse, adaptable. Pour qui cherche à diversifier son poulailler avec une poule à la fois utile et surprenante, l’olivette mérite vraiment qu’on s’y attarde sérieusement.
- Race hybride issue du croisement Marans x Araucana, sans standard officiel reconnu
- Couleur des œufs : vert olive caractéristique, résultat du mélange pigmentaire des deux races parentes
- Morphologie : taille moyenne, peu ou pas de queue, parfois des plumes aux pattes
- Tempérament : actif, curieux, plutôt sociable avec les autres volailles
- Ponte : correcte mais moins prévisible qu’une pondeuse pure race sélectionnée
- Adaptabilité : bonne résistance au froid, convient bien aux élevages en plein air
- Prix indicatif : entre 15 et 35 € la poulette selon l’éleveur et la région
La poule olivette : une race hybride pas comme les autres
Dire que l’olivette est une « race » est techniquement un raccourci. Il s’agit en réalité d’un hybride de première génération, issu d’un croisement volontaire entre un coq Araucana et une poule Marans, ou l’inverse selon les éleveurs. Ce choix génétique n’est pas anodin : il vise à combiner deux héritages pigmentaires très distincts pour obtenir cette teinte olive si particulière à la coquille.
L’Araucana, race sud-américaine aux origines chiliennes, produit des œufs bleu-vert grâce à la présence d’un gène dominant appelé oocyane. La Marans, race française emblématique du Poitou-Charentes, est célèbre pour ses œufs chocolat intense. Quand ces deux patrimoines génétiques se combinent, la coquille prend une teinte intermédiaire : le vert olive, ni tout à fait bleu, ni tout à fait brun, mais quelque chose d’unique qui attire l’œil.
Ce croisement n’est pas standardisé. Chaque éleveur peut produire ses propres olivettes avec des résultats légèrement différents selon les souches utilisées. C’est ce qui explique pourquoi on trouve des olivettes plus claires, tirant vers le kaki, et d’autres franchement vert soutenu. La variabilité fait partie du charme, mais aussi de la contrainte de cette poule.
L’olivette n’est pas reconnue par les standards avicoles officiels
En France, la Société Centrale d’Aviculture reconnaît et codifie les races à travers des standards précis : poids, plumage, couleur de peau, forme de crête, couleur des œufs. L’olivette ne figure dans aucun de ces référentiels. Elle n’est pas éligible aux concours avicoles, et on ne peut pas parler de sélection génétique planifiée à son égard au sens strict.
Cela signifie concrètement que deux olivettes issues de deux éleveurs différents peuvent avoir des morphologies très variées. Certaines auront hérité de la petite queue absente de l’Araucana, d’autres auront des plumes légères aux pattes comme la Marans. Ce manque d’uniformité n’est pas un défaut en soi, mais il faut le garder en tête si vous cherchez une cohérence visuelle dans votre poulailler.
Bon, je vous avoue, la première fois qu’on a reçu nos poulettes olivettes, on ne savait même pas trop à quoi s’attendre physiquement. Nos voisins du hameau, éleveurs depuis trente ans, nous ont regardés bizarrement quand on leur a expliqué le croisement. Mais au final, ce sont eux qui sont venus voir les œufs de plus près quelques semaines après la première ponte.

Les caractéristiques physiques de la poule olivette
Visuellement, l’olivette se situe entre ses deux parents. Elle affiche une taille moyenne, ni aussi massive qu’une Marans lourde, ni aussi légère qu’une Araucana pure. Son poids tourne généralement autour de 2 à 2,5 kg pour les femelles, avec des variations selon la souche d’origine.
L’une de ses particularités les plus frappantes est l’absence de queue, ou du moins une queue très réduite. Ce trait héréditaire vient de l’Araucana, race connue pour sa morphologie caudale atypique due à l’absence de vertèbres coccygiennes. Toutes les olivettes ne l’expriment pas systématiquement, mais c’est un signe distinctif fréquent qu’on remarque assez vite dans un groupe de poules.
Plumage, crête et port général
Le plumage de l’olivette n’est pas uniforme d’un individu à l’autre. On rencontre des robes tirant vers le noir, le brun, le roux ou des mélanges de ces teintes. La crête est généralement simple et de taille modérée. Certaines olivettes peuvent afficher de petites touffes de plumes autour des joues, héritage de l’Araucana qui est souvent « barbue ».
Les pattes peuvent être légèrement emplumées côté Marans, ou lisses côté Araucana. Cette hétérogénéité physique peut surprendre au premier abord, mais elle reflète tout simplement la richesse du croisement. En pratique, cela ne change rien à la santé ni à la productivité de l’oiseau.
Ce qui frappe surtout, c’est le port vif de ces poules. Elles se déplacent avec une certaine énergie, explorent volontiers les coins du jardin, et montrent une vraie curiosité envers tout ce qui bouge. Les gamins adorent ça, alors on continue de les laisser gambader librement dans l’enclos.
| Caractéristique | Poule Olivette | Marans | Araucana |
|---|---|---|---|
| Type | Hybride | Race pure | Race pure |
| Poids moyen femelle | 2 à 2,5 kg | 2,5 à 3,5 kg | 1,5 à 2 kg |
| Couleur des œufs | Vert olive | Brun chocolat | Bleu-vert |
| Queue | Réduite ou absente | Présente | Absente |
| Standard officiel reconnu | Non | Oui | Oui |
| Tempérament | Actif, curieux | Calme, posé | Vif, indépendant |
| Rusticité | Bonne | Très bonne | Bonne |
La couleur des œufs de l’olivette : le fameux vert olive
C’est évidemment ce qui attire en premier lieu. La coquille vert olive de ces poules est le résultat d’un phénomène génétique précis : le gène oocyane, dominant dans la lignée Araucana, ajoute une couche de pigment bleu-vert sur la coquille de base. Quand cette base est déjà brune, comme dans la lignée Marans, la superposition donne ce vert caractéristique, plus ou moins soutenu selon l’intensité pigmentaire héritée par chaque individu.
Ce n’est pas cosmétique. Le pigment traverse toute l’épaisseur de la coquille, ce qui signifie que même à l’intérieur, la couleur verte est visible. C’est une différence notable par rapport aux œufs simplement « teintés » en surface. En revanche, la chair de l’œuf, le blanc et le jaune, sont absolument identiques à tout autre œuf de poule.
La teinte varie selon les individus et les saisons
Un éleveur qui démarre avec des olivettes peut constater que les œufs de deux poules du même lot n’ont pas exactement la même teinte. Certains seront franchement verts, d’autres tireront davantage vers le kaki ou le brun verdâtre. Cette variation est normale et reflète la diversité génétique inhérente au croisement.
La saison joue aussi un rôle. En fin de cycle de ponte ou en période de stress (chaleur excessive, mue, changement d’alimentation), la coquille peut s’éclaircir légèrement. C’est un indicateur utile de l’état de santé de la poule. Quand nos olivettes commencent à pondre des œufs plus pâles que d’habitude, on sait qu’il faut regarder de plus près leur alimentation ou leur niveau de stress.
Conseil pratique : si vous souhaitez maximiser l’intensité de la couleur, veillez à un apport suffisant en calcium et à une alimentation riche en caroténoïdes naturels (légumes orangés, herbes fraîches). Le jaune bien coloré et la coquille bien pigmentée vont souvent de pair avec une alimentation diversifiée.

Élever une poule olivette : tempérament, ponte et conditions idéales
L’olivette n’est pas une pondeuse au sens industriel du terme. Sa production annuelle tourne autour de 150 à 200 œufs par an, selon les conditions d’élevage et la souche. C’est moins qu’une Leghorn ou qu’une ISA Brown, mais c’est très correct pour une poule de basse-cour familiale qui offre en plus des œufs visuellement remarquables.
Son tempérament actif la rend bien adaptée au plein air. Elle aime gratter, explorer, se déplacer. Confinée dans un espace trop réduit, elle peut devenir stressée et voir sa ponte baisser. Prévoyez au minimum 4 à 5 m² d’espace extérieur par poule pour qu’elle s’épanouisse correctement.
Intégration dans un poulailler mixte
L’olivette s’intègre généralement bien dans un groupe de poules de races différentes. Son niveau d’énergie la place dans la partie médiane de la hiérarchie : elle n’est ni dominante ni trop effacée. On l’a testée avec nos Marans et nos Plymouth Rock, et la cohabitation s’est faite sans accroc majeur après quelques jours d’ajustement.
Attention toutefois à ne pas la mélanger avec des races très passives ou très lourdes qui pourraient être bousculées par son énergie naturelle. Et comme pour toute introduction de nouveaux sujets dans un poulailler existant, une quarantaine de deux semaines minimum est recommandée avant de les mettre en contact direct avec les autres volailles.
Alimentation et soins au quotidien
Pas de régime particulier pour l’olivette, mais quelques points méritent attention. Une ration de base composée de grains complets, de granulés pondeuses et d’un apport en calcium (coquilles d’huîtres broyées) suffit à maintenir une bonne productivité. Complétez avec des épluchures de légumes, des herbes fraîches du jardin et un peu de protéines animales en saison froide.
L’eau fraîche en permanence est non négociable, surtout l’été. Depuis qu’on est installés ici, on a appris à la dure que la déshydratation est l’un des premiers facteurs de chute de ponte en période caniculaire. Un abreuvoir à l’ombre, nettoyé tous les deux jours, fait une vraie différence.
Quiz : La Poule Olivette
Testez vos connaissances sur cette race fascinante
Poule Olivette — Hybride Marans × Araucana
Acquérir une poule olivette : où la trouver et à quel prix
La poule olivette reste une volaille de niche. On ne la trouve pas dans tous les marchés aux bestiaux ni chez tous les revendeurs. Il faut généralement se tourner vers des éleveurs spécialisés, des petites fermes qui pratiquent le croisement Marans-Araucana de façon raisonnée, ou des associations avicoles régionales qui mettent en relation passionnés et producteurs.
Le prix d’une poulette olivette prête à pondre se situe entre 15 et 35 € selon l’éleveur, la région et la qualité des souches parentales. Des poussinières proposent parfois des poussins non sexés à partir de 5 à 8 € pièce, mais le sexage incertain implique un risque de coqs à gérer. À noter qu’un œuf à couver d’olivette peut se négocier entre 3 et 6 €, pour ceux qui souhaitent tenter l’incubation.
Choisir un éleveur sérieux : les bons signes à repérer
Quand on cherche des olivettes, quelques signaux permettent de distinguer un éleveur soigneux d’un revendeur opportuniste. Un éleveur sérieux connaît les souches qu’il utilise (Marans pure race, Araucana pure race), peut vous montrer les parents reproducteurs, et ne promet pas des performances de ponte irréalistes.
Il doit aussi être capable de vous dire si ses poules ont été vaccinées contre la maladie de Newcastle et la maladie de Marek, deux pathologies aviaires fréquentes en France pour lesquelles une prévention vaccinale est recommandée, notamment pour les élevages qui reçoivent des animaux de plusieurs origines. Un carnet de suivi sanitaire, même sommaire, est un bon indicateur de sérieux.
Mes voisins m’ont regardé bizarrement quand j’ai commencé à poser autant de questions à un éleveur sur ses reproducteurs. Mais c’est précisément ce type de vigilance qui nous a évité quelques désillusions au début. Acheter une poule sans connaître son histoire sanitaire, c’est jouer à la loterie avec tout son poulailler.
Les erreurs à éviter lors de l’achat
L’erreur classique est de se fier uniquement à la couleur de l’œuf présentée dans une annonce. Certains vendeurs peu scrupuleux proposent sous le nom « olivette » des croisements approximatifs qui ne produisent pas la teinte attendue, ou des poules hybrides commerciales qui n’ont rien à voir avec le croisement Marans-Araucana.
Autre piège fréquent : acheter des poulettes trop jeunes, incapables de supporter le stress du transport et du changement d’environnement. Une poulette achetée entre 8 et 16 semaines offre le meilleur compromis entre facilité d’adaptation et coût d’achat. En dessous, les risques sanitaires et comportementaux augmentent sensiblement.
Les questions fréquemment posées :
Un coq olivette est-il aussi porteur du gène de l’œuf vert ?
Oui, le coq olivette porte le gène oocyane hérité de l’Araucana. Cela signifie qu’il peut transmettre cette caractéristique à une partie de sa descendance, selon la race de la poule avec laquelle il est accouplé. Le résultat dépendra des gènes transmis et de la race parentale femelle.
Peut-on faire reproduire des olivettes entre elles ?
Techniquement oui, mais la descendance de deux hybrides olivettes sera très variable, avec des couleurs d’œufs imprévisibles et des morphologies hétérogènes. Pour conserver la teinte olive caractéristique, il vaut mieux revenir systématiquement au croisement Marans x Araucana en race pure.
Les œufs olive ont-ils un goût différent des œufs blancs ou bruns ?
Non, la couleur de la coquille n’influence pas le goût ni la composition nutritionnelle de l’œuf. Le jaune, le blanc et la saveur globale dépendent avant tout de l’alimentation et des conditions de vie de la poule, pas de la pigmentation de la coquille.
L’olivette est-elle adaptée aux hivers rigoureux du centre de la France ?
Oui, l’olivette hérite d’une bonne rusticité des deux races parentes. Elle supporte bien les températures négatives à condition de disposer d’un abri sec, sans courant d’air et bien isolé. Sa crête de taille modérée la protège aussi du risque de gelures, contrairement aux races à grande crête simple.
Combien de temps une poule olivette reste-t-elle productive ?
Une olivette commence à pondre vers 5 à 6 mois et maintient une bonne productivité pendant 2 à 3 ans. Après, la ponte décline progressivement. Certaines poules continuent à pondre de façon irrégulière jusqu’à 5 ou 6 ans, mais rarement de façon rentable pour un élevage orienté production.

Salut ! Moi c’est Émilien, 38 ans, et si on m’avait dit il y a 10 ans que je me leverais à 6h pour aller traire des chèvres, j’aurais bien rigolé ! Ancien informaticien à Lyon pendant 12 ans, j’ai tout quitté en 2018 avec ma femme Claire et nos deux enfants pour reprendre une ferme de 8 hectares en Auvergne. Pas par romantisme, enfin pas que, mais parce qu’on en avait marre du métro-boulot-dodo. J’ai eu de la chance d’avoir grandi chez mes grands-parents agriculteurs dans le Cantal. Ça m’a donné les bases, même si j’avais tout oublié ! Aujourd’hui, je fais du maraîchage bio sur 2 hectares, j’élève 15 chèvres dont je transforme le lait, je m’occupe de 8 ruches et je rénove les bâtiments quand j’ai le temps. Claire gère la partie transformation et la vente directe, moi je suis plutôt terrain. Les enfants adorent la vie ici, même s’ils râlent parfois quand il faut donner un coup de main ! Sur ce blog, je raconte ce que je vis au quotidien : mes techniques qui marchent, mes plantages mémorables (et il y en a !), les trucs que m’ont appris les anciens du coin. Pas de grands discours, juste du concret testé sur le terrain. Parce qu’au final, on apprend tous ensemble, non ?





