Les spirales anti-moustiques sont devenues incontournables lors des soirées estivales, particulièrement dans les régions chaudes où les moustiques prolifèrent sans pitié. On les retrouve partout : sur les terrasses des restaurants, dans les jardins familiaux, aux abords des piscines. Pourtant, la question de leur véritable efficacité reste légitime, tout comme les risques qu’elles peuvent poser à la santé et à l’environnement. Depuis que j’ai installé ma ferme en Auvergne, j’ai dû affronter cette problématique chaque été, particulièrement lors des soirées prolongées en terrasse avec Claire et les gamins. Les moustiques ne sont pas une simple nuisance, ils sont les vecteurs de maladies sérieuses et gâchent rapidement une nuit agréable. Comprendre ce qu’on met réellement en route quand on allume une de ces spirales demande de creuser au-delà des emballages colorés et des promesses marketing.
En bref :
- Les spirales anti-moustiques contiennent généralement de la pyréthrine naturelle ou synthétique, efficaces contre les moustiques mais avec des risques d’inhalation prolongée.
- L’efficacité réelle varie fortement selon le modèle, les conditions météorologiques (vent, humidité) et le type de moustique concerné.
- Les dangers potentiels incluent l’exposition à des fumées toxiques, surtout pour les enfants, les femmes enceintes et les animaux domestiques.
- Des alternatives moins polluantes et tout aussi efficaces existent : ventilateurs, moustiquaires, répulsifs naturels et pièges lumineux.
- L’utilisation responsable exige de bien aérer les espaces, de privilégier des zones précises plutôt qu’une exposition prolongée, et de vérifier la composition du produit.

Comment fonctionnent réellement les spirales anti-moustiques ?
Une spirale anti-moustique n’est rien d’autre qu’un bâton de poudre compressée qui brûle lentement en dégageant de la fumée. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce ne sont pas des répulsifs qui éloignent les moustiques, mais des insecticides qui les tuent ou les étordissent assez pour qu’ils ne puissent plus s’approcher.
La majorité de ces spirales contient de la pyréthrine ou du pyréthrino, des molécules extraites naturellement des chrysanthèmes ou synthétisées chimiquement pour imiter leur action. Ces substances attaquent le système nerveux des insectes, provoquant une paralysie progressive. Quand une spirale brûle, elle diffuse ces molécules dans l’air sous forme de particules fines, créant une zone d’environ 2 à 3 mètres de rayon où les moustiques deviennent inoffensifs ou disparaissent complètement.

La composition exacte des spirales : ce qui se cache dedans
Quand on regarde vraiment la composition d’une spirale, on y trouve rarement une seule substance active. La pyréthrine représente généralement entre 0,3 et 0,6% du poids total, le reste étant des liants, de la poudre de bois, du charbon actif pour assurer la combustion lente, et parfois des huiles essentielles pour améliorer l’odeur ou l’efficacité perçue.
Ce qui pose question, c’est que pour atteindre cette concentration en pyréthrine active, il faut que le produit brûle longtemps et régulièrement. Une spirale standard dure environ 8 heures, ce qui signifie une exposition prolongée aux fumées de combustion. À Lyon, avant de m’installer ici, je n’aurais jamais réfléchi à ça. Aujourd’hui, avec le temps que je passe dehors, je vois comment ces fumées s’accumulent, surtout quand il n’y a pas de vent.
Les variantes du marché : naturel ou synthétique ?
Le marché propose essentiellement deux types de spirales : celles à base de pyréthrine naturelle extraite du chrysanthème, et celles utilisant des pyréthrinoïdes synthétiques (comme la perméthrine ou la cyperméthrine). Les versions « naturelles » sont souvent présentées comme plus sûres, mais cette différence est largement surestimée.
La pyréthrine naturelle se dégrade rapidement à la lumière et à l’air, ce qui la rend moins stable en spirale. C’est pour ça que même les produits étiquetés « naturels » contiennent généralement des stabilisants chimiques. Les pyréthrinoïdes synthétiques, eux, sont plus persistants et moins chers à produire, d’où leur présence dans la majorité des gammes commerciales. Aucun n’est fondamentalement plus « naturel » que l’autre une fois qu’on creuse : c’est surtout une question de chimie fine.
Comparateur Anti-moustique
Pyrethrine naturelle vs Pyréthroïdes synthétiques
| Type de composé | Composition | Efficacité | Durée d’action | Prix moyen | Impact environnemental | Dangers | Actions |
|---|
Détails
Légende des évaluations :
Efficacité réelle des spirales anti-moustiques : les vrais chiffres
Avant de croire les promesses « 99% d’efficacité » affichées sur les boîtes, il faut comprendre ce qu’on mesure réellement. L’efficacité d’une spirale dépend de multiples facteurs rarement contrôlés dans les tests de laboratoire : la température, l’humidité, le vent, le type de moustique ciblé, et même la distance à laquelle on se tient de la spirale.
Les études indépendantes menées en conditions réelles montrent des résultats bien moins flamboyants. Une spirale bien positionnée, sans vent, peut réduire les piqûres de 60 à 75% dans un périmètre de 2 à 3 mètres. Au-delà, l’efficacité chute brutalement. Si vous mettez votre spirale à 10 mètres de vous en espérant une protection, vous pouvez vous abstenir : vous serez piqué presque autant qu’sans elle.

L’impact du vent et des conditions météorologiques sur l’efficacité
Un vent de 5 km/h suffit à disperser la fumée insecticide au-delà du périmètre utile. J’ai vite appris ça à la ferme. Vous pouvez allumer trois spirales en pensant créer une barrière, mais si le vent les traverse, vous n’avez gagné qu’une belle fumée qui sent bon. En Auvergne, les soirées d’été sont rarement sans brise. Les nuits vraiment calmes et chaudes où les spirales fonctionnent au maximum sont peut-être dix par an.
L’humidité joue aussi un rôle. Par temps très sec, la fumée s’évapore plus vite. Par temps humide, elle stagne davantage mais se dilue moins bien verticalement. Le moment de la journée compte énormément : les spirales sont plus efficaces en fin d’après-midi quand les moustiques sortent de leur torpeur et deviennent actifs, qu’en pleine nuit où beaucoup se reposent.
Variation selon les espèces de moustiques
Il existe plus de 3 500 espèces de moustiques sur Terre, et elles ne réagissent pas toutes identiquement à la pyréthrine. Les moustiques tigre asiatiques, devenus courants en France, sont naturellement moins sensibles aux pyréthrinoïdes synthétiques que les moustiques communs. Une spirale qui « marche » contre le moustique tigre aura peut-être 30% d’efficacité, pas 70%.
Dans ma région, on voit de plus en plus de ces tigres. Ils piquent en plein jour, contrairement aux autres, ce qui rend les spirales encore moins utiles puisqu’elles fonctionnent d’abord la nuit. C’est précisément pour ça que je ne m’en remets pas à une seule solution.
Les dangers réels des spirales anti-moustiques pour la santé
La question du danger, c’est celle que ma femme m’a posée la première fois qu’on en a brûlé près des enfants. À juste titre. Les spirales anti-moustiques ne sont pas toxiques à dose unique, mais elles posent des risques sérieux lors d’une exposition répétée ou prolongée, surtout pour les populations vulnérables.
Risques d’inhalation prolongée des fumées insecticides
Quand vous brûlez une spirale pendant 8 heures d’affilée, vous inhalez continuellement des particules fines de pyréthrinoïdes et de produits de combustion du bois. Les pyréthrinoïdes synthétiques affectent le système nerveux des insectes en bloquant les canaux de sodium dans les nerfs. À très faible dose, chez l’humain, c’est généralement inoffensif. À dose accumulée sur plusieurs heures, chez certains individus, on observe des symptômes comme des migraines, des picotements, une hyperactivité, voire une dermatite.
Les personnes ayant des antécédents d’asthme ou de bronchite chronique sont particulièrement vulnérables. Les fumées de combustion produisent aussi du dioxyde de carbone et des particules respirables qui irritent les voies respiratoires même sans la présence d’insecticide. J’ai un ami agriculteur dans le Puy-de-Dôme qui a dû arrêter d’utiliser les spirales après trois étés consécutifs : il souffrait de toux persistante et de difficultés respiratoires chaque soir en fin d’été.
Risques spécifiques pour les enfants et les femmes enceintes
Les enfants sont plus exposés au danger qu’on ne le croit. Leur surface corporelle par rapport à leur poids est plus grande, leur métabolisme plus rapide, et ils passent plus de temps à jouer près du sol où les particules s’accumulent davantage. Une exposition intensive à la pyréthrine pendant la grossesse a montré des effets sur la reproduction animale à très fortes doses, mais les études chez l’humain sont limitées. Par prudence, les femmes enceintes devraient éviter les espaces où les spirales brûlent régulièrement.
Avec mes gamins maintenant âgés de 12 et 9 ans, on a fait le choix de ne pas utiliser les spirales quand ils jouent dehors. L’aîné a une sensibilité bronchique légère, rien de grave, mais on ne teste pas le hasard. Pendant les repas en famille, on préfère utiliser d’autres méthodes.
Impact sur les animaux domestiques et les insectes bénéfiques
Les spirales tuent indifféremment les moustiques, mais aussi les papillons, les abeilles, les coccinelles et tous les insectes volants qui passent par là. Pour quelqu’un qui commence à s’intéresser à l’apiculture comme moi (je pense sérieusement à me lancer très bientôt), c’est problématique. Les abeilles sont déjà en difficulté, et les fumées de pyréthrine les désorientent et les éliminent facilement.
Pour les animaux domestiques, surtout les chats et les petits chiens, l’exposition prolongée peut causer de la tremblante, de la salivation excessive, voire des convulsions. Les oiseaux sont particulièrement affectés. Si vous avez des poules comme moi (et elles dorment dehors), éloignez les spirales de leurs perchoirs et de leurs zones d’alimentation.
Alternatives efficaces aux spirales anti-moustiques
Plutôt que de compter sur une seule solution, j’ai construit une approche multi-niveaux qui fonctionne bien mieux et réduit mon exposition aux produits chimiques. Les spirales restent utiles dans certaines situations précises, mais elles ne devraient jamais être votre premier réflexe.
Les ventilateurs électriques : une solution souvent oubliée
Les moustiques volent mal et sont facilement dérangés par les appels d’air. Un ventilateur de 60 à 80 watts suffisamment puissant pour créer une brise légère autour de votre zone de repos les rend incapables de s’approcher. Le moustique a besoin d’une stabilité aérienne pour vous repérer et vous piquer. Dès qu’il y a du vent, il ne peut pas maintenir sa trajectoire.
On a investi dans un ventilateur sur pied pour la terrasse l’été dernier. Ça a changé la donne. Pas besoin de tournasser à pleine puissance (vous vous gèleriez), juste une vitesse moyenne. Et c’est écologique, sans aucun produit chimique. Le bonus, c’est que ça refroidit aussi les gens. En Auvergne, les nuits d’été ne sont pas brûlantes, mais certaines soirées de juillet-août, ça aide.
Moustiquaires et grillages : l’approche la plus efficace
Si vous avez une véranda, une pergola avec parois amovibles, ou une terrasse qu’on peut fermer partiellement, c’est la meilleure défense. Zéro produit chimique, efficacité 100% si l’installation est bien faite. Les moustiques ne peuvent simplement pas passer.
On a posé des grillages amovibles sur notre terrasse. La première semaine, j’étais sceptique sur le résultat esthétique, mais franchement, on oublie vite qu’ils sont là. Et d’été en été, on se demande pourquoi on ne l’a pas fait plus tôt. Même par une chaude nuit d’août, on peut manger dehors sans traîner de spirale et sans respirer des fumées.
Pièges lumineux et piégeurs CO2
Les moustiques sont attirés par la chaleur corporelle, le dioxyde de carbone qu’on exhale, et certains sont aussi guidés par la lumière ultraviolette. Les pièges lumineux exploitent ce dernier point en attirant les moustiques vers une grille électrifiée ou une zone de piégeage. C’est efficace pour réduire la population locale, pas pour vous protéger instantanément pendant une soirée.
Les piégeurs à CO2, plus sophistiqués, imitent la respiration humaine. Ils sont plus coûteux (entre 150 et 500 euros) mais redoutablement efficaces s’ils sont positionnés correctement. Certains modèles peuvent réduire une population de moustiques de 70% sur une grande surface en quelques semaines. C’est plus un investissement long terme qu’une solution ponctuelle.
Répulsifs naturels efficaces : huiles essentielles et plantes
La citronnelle, l’eucalyptus, la lavande et la menthe repoussent réellement les moustiques, mais pas aussi fortement que les insecticides synthétiques. L’efficacité dépend fortement de la concentration et de la fréquence d’application. Une bougie à la citronnelle allumée seule ? Marginal. Plusieurs applications d’huile essentielles concentrée sur la peau ? Beaucoup plus intéressant.
À la ferme, on cultive de la menthe et de la lavande près de la terrasse. Ça aide, sans être une solution miracle. Pour les enfants et les femmes enceintes, c’est moins risqué que les spirales. Le hic, c’est que ça demande plus d’application régulière : il faut vaporiser toutes les deux heures pour maintenir une protection, ce qui peut vite devenir lourd.
| Méthode | Efficacité | Coût initial | Sécurité | Praticité |
|---|---|---|---|---|
| Spirales anti-moustiques | 60–75% | 5–15 euros | Moyenne (inhalation) | Bonne (usage simple) |
| Ventilateurs électriques | 80–90% | 30–80 euros | Très bonne | Très bonne |
| Moustiquaires/grillages | 100% | 50–300 euros | Très bonne | Bonne (installation initiale) |
| Pièges lumineux | 70% (réduction pop.) | 20–80 euros | Très bonne | Bonne (maintenance faible) |
| Huiles essentielles/naturelles | 40–60% | 10–30 euros | Très bonne | Moyenne (réapplic. fréquente) |
Comment utiliser les spirales de façon responsable ?
Si vous décidez malgré tout d’utiliser des spirales, quelques principes simples réduisent les risques tout en maintenant une efficacité acceptable. C’est la position que j’ai adoptée : ce n’est pas mon premier choix, mais dans certaines situations d’urgence (grosse invasion, repas en groupe où je ne maîtrise pas entièrement l’environnement), je les utilise, mais intelligemment.
Positionnement optimal et distance de sécurité
Placez la spirale à au moins 2 à 3 mètres de l’endroit où vous vous tenez. Plus loin, c’est mieux. Évitez de la positionner directement à côté de là où dorment les enfants ou les animaux. Si possible, orientez-la de façon que la majorité de la fumée s’éloigne de vous, en tenant compte de la brise légère du soir.
Ne mettez jamais une spirale en plein milieu d’une table de repas. Vous inhaleriez les fumées pendant tout le temps du repas. Positionnez-la plutôt en bordure de la zone, idéalement surélevée (sur un petit piédestal ou une étagère) pour que la fumée se disperse mieux en hauteur.
Durée d’exposition limitée et aération
Ne laissez pas une spirale brûler pendant 8 heures d’affilée si vous restez dans le même périmètre. Allumez-la 30 à 45 minutes avant l’activité pour créer une protection, puis laissez-la brûler seulement pendant les deux ou trois premières heures. Après, si vous n’avez pas de vraie gêne, et que vous êtes sur une terrasse ouverte, éteignez-la et profitez.
L’aération, c’est clé. Sur une terrasse fermée ou une véranda, n’utilisez jamais une spirale sans ouvrir au moins une fenêtre ou une porte. L’air stagnant concentre les polluants. À la ferme, comme tout est assez ouvert, ce n’est pas un problème, mais j’imagine mal utiliser une spirale dans un petit jardin cloisonné.
Choix du produit et vérification de la composition
Lisez réellement ce qu’il y a écrit sur la boîte. Vérifiez le pourcentage de matière active (pyréthrine ou pyréthrinoïde), les avertissements de santé, et les mentions de conformité avec les normes européennes (EN, certification CE). Les produits les moins chers contiennent souvent des remplissages inutiles ou des additifs inconnus.
Préférez les spirales certifiées qui mentionnent explicitement les concentrations en insecticide et les conditions d’usage sécurisé. Méfiez-vous des produits sans emballage clair ou sans indications précises. Et si vous avez des enfants ou des animaux sensibles, testez d’abord sur une courte période avant d’utiliser régulièrement.
Situations à éviter absolument
- Ne pas utiliser près des bébés ou des enfants de moins de 3 ans : leur système respiratoire est trop immature.
- Éviter pendant la grossesse : par précaution, même si le risque direct est faible.
- Ne pas combiner avec d’autres insecticides : deux produits brûlant côte à côte multiplient l’exposition.
- Pas d’utilisation en intérieur sans aération maximale (fenêtres grandes ouvertes).
- Éviter les zones où vivent des abeilles, ruches ou zones de pollinisateurs importants.
- Ne pas laisser à la portée des enfants : c’est une combustion, ça brûle, et l’ingestion accidentelle de poudre peut causer des problèmes digestifs.
Régulation et normes en France : ce que vous devez savoir
En France, les spirales anti-moustiques contenant de la pyréthrine ou des pyréthrinoïdes sont classées comme des biocides, ce qui signifie qu’elles sont soumises à la Directive européenne BPR (Biocidal Products Regulation). Chaque produit doit être autorisé par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) avant sa mise sur le marché français.
Cela suppose que la composition a été testée, que les risques sanitaires ont été évalués, et qu’un étiquetage approprié accompagne le produit. Malheureusement, beaucoup de spirales importées de pays non européens contournent cette régulation en passant par des circuits moins contrôlés. Quand vous achetez en ligne auprès de vendeurs internationaux, vous n’avez aucune garantie de conformité.
Obligations d’étiquetage et mentions de sécurité
Tout produit légal vendu en France doit mentionner clairement : la matière active, sa concentration en pourcentage, les conditions d’usage sécurisé, les pictogrammes de danger (exclamation, point interrogation, selon la toxicité), et les conseils d’élimination du produit. Si une spirale n’a pas ces informations clairement lisibles, c’est un signal d’alerte.
Les mentions « À usage exclusivement extérieur » ou « Réservé à l’usage adulte » ne sont jamais des accessoires du marketing, c’est des obligations légales basées sur des tests de sécurité. Ignorer ces avertissements, c’est prendre des risques inutiles.
Tendances du marché et innovations pour 2025–2026
Le marché des anti-moustiques évolue rapidement, poussé par une prise de conscience croissante des risques sanitaires et écologiques liés aux insecticides traditionnels. Trois tendances majeures se dessinent pour cette période.
Développement de bioinsecticides moins toxiques
De nouveaux bioinsecticides basés sur des champignons entomopathogènes ou sur des bactéries comme Bacillus thuringiensis subsp. israelensis (Bti) commencent à apparaître sur le marché. Ces organismes attaquent le système digestif des larves de moustiques sans affecter les vertébrés ni les insectes bénéfiques. Ils sont moins efficaces en fumée que les pyréthrinoïdes, mais testés sous forme de spirales, ils montrent des promesses intéressantes.
Le Bti est déjà utilisé avec succès dans certaines communes pour traiter les eaux stagnantes et réduire les populations de moustiques au stade larvaire. Transposer cela en spirales est le prochain défi de l’industrie. Je pense que dans trois ou quatre ans, on verra des produits commerciaux vraiment efficaces et sans le profil de risque des pyréthrinoïdes.
Pièges connectés et monitoring en temps réel
Les pièges lumineux et CO2 deviennent de plus en plus intelligents. Certains modèles haut de gamme s’interfacent avec une application mobile pour suivre la population locale de moustiques en temps réel. Vous savez précisément quel jour ou quelle semaine l’invasion commence, et vous pouvez ajuster votre stratégie de défense en conséquence.
C’est particulièrement utile pour les zones à moustiques tigre, où la présence est intermittente selon la saison. Au lieu de bruler des spirales préventivement tout l’été (gaspillage), vous activez vos défenses juste quand c’est nécessaire.
Répulsifs génétiques et modification biologique
À plus long terme, on voit émerger des projets de modification génétique de populations de moustiques (comme les moustiques stériles ou porteurs de gènes léthaux) pour réduire les populations sauvages. C’est en test dans plusieurs pays, pas encore en déploiement grand public en France, mais cela arrivera probablement dans les dix prochaines années.
Ce n’est pas directement une alternative aux spirales, mais cela pourrait réduire drastiquement la nécessité d’utiliser des insecticides en premier lieu. Imaginez ne plus avoir besoin de vous protéger parce que simplement, les moustiques problématiques n’existent plus localement. C’est un scénario possible.
Récapitulatif des conseils pour une approche mixte efficace
Pour terminer, voici la philosophie que j’ai adoptée et qui fonctionne bien pour nous à la ferme. On ne compte pas sur une seule méthode, mais sur une combinaison adaptée à chaque situation et à chaque moment de l’année.
Printemps et début d’été (avril–juin) : Implantez des moustiquaires et grillages avant que la saison commence. C’est le moment d’investir temps et argent. Commencez aussi à placer vos pièges lumineux dans les zones de repos. Pas encore de spirales, inutile.
Pic de l’été (juillet–août) : C’est quand l’aération naturelle diminue (moins de brise) et que les populations explosent. Les ventilateurs deviennent indispensables. Les spirales, si vous les utilisez, doivent être réservées aux moments précis : un repas de groupe, une première soirée chaude quand vous n’avez pas prévu. Pas tous les soirs.
Fin d’été et automne (septembre–octobre) : Les populations baissent naturellement. Les spirales redeviennent quasi inutiles. Entretenez vos installations de grillage pour l’année suivante.
Année round : Éliminez les points d’eau stagnante (vases, soucoupes, gouttières bouchées) où les larves se développent. C’est gratuit et mille fois plus efficace que n’importe quel insecticide de surface.
Pour résumer, les spirales anti-moustiques offrent une protection rapide et peu coûteuse, mais elles comportent des risques d’inhalation surtout lors d’exposition prolongée, et leur efficacité réelle dépend fortement des conditions météorologiques et du type de moustique. Les alternatives ventilateurs, grillages, pièges lumineux et répulsifs naturels souvent négligées, fournissent une protection égale ou supérieure sans effets secondaires. L’approche la plus intelligente consiste à combiner plusieurs méthodes, réserver les spirales aux situations d’urgence, et les utiliser responsablement en tenant compte de la distance, de la durée et de l’aération. Pour ceux qui cherchent à repenser entièrement leur gestion des moustiques, investir dans une terrasse aérée avec grillages et ventilation permanente élimine presque complètement le besoin de produits chimiques.
Les questions fréquemment posées
Les spirales anti-moustiques sont-elles toxiques pour les humains ?
À court terme, une exposition isolée à la fumée d’une spirale n’est pas dangereuse. Cependant, une inhalation prolongée ou répétée de pyréthrines peut provoquer des irritations respiratoires, des migraines, ou des symptômes dermatologiques chez les personnes sensibles. Les enfants de moins de 3 ans et les femmes enceintes devraient éviter ces expositions par précaution.
Quelle est la différence entre les spirales naturelles et synthétiques ?
Les spirales naturelles contiennent de la pyréthrine extraite du chrysanthème, tandis que les synthétiques utilisent des pyréthrinoïdes (molécules créées chimiquement). Une fois brûlées, les deux se comportent de manière similaire. Le marketing autour du « naturel » est souvent exagéré, car même les produits naturels nécessitent des stabilisants chimiques pour fonctionner efficacement en spirale.
Les spirales tuent-elles les abeilles et les insectes bénéfiques ?
Oui, la pyréthrine affecte tous les insectes volants, pas seulement les moustiques. Les abeilles, papillons et coccinelles peuvent être éliminés ou désorientés. Si vous avez un jardin avec pollinisateurs ou envisagez des ruches, les spirales doivent être évitées ou utilisées très loin de ces zones.
Quelle alternative est vraiment la plus efficace ?
Les moustiquaires et grillages offrent une protection de 100% si bien installés. Les ventilateurs électriques atteignent 80–90% d’efficacité avec zéro chimie. Les pièges lumineux et CO2 réduisent la population locale de 60–70%. Le choix dépend de votre situation, mais une combinaison ventilateur + grillage est souvent inégalable.
À quel prix revient une stratégie anti-moustiques sans spirales ?
Un ventilateur (50–80 €), des grillages amovibles (100–200 €) et un piège lumineux (30–80 €) demandent un investissement initial de 180–360 € une seule fois. Les spirales coûtent moins cher au départ (5–15 € par paquet) mais se renouvellent chaque été. L’investissement initial se rentabilise rapidement et évite les risques sanitaires.

Salut ! Moi c’est Émilien, 38 ans, et si on m’avait dit il y a 10 ans que je me leverais à 6h pour aller traire des chèvres, j’aurais bien rigolé ! Ancien informaticien à Lyon pendant 12 ans, j’ai tout quitté en 2018 avec ma femme Claire et nos deux enfants pour reprendre une ferme de 8 hectares en Auvergne. Pas par romantisme, enfin pas que, mais parce qu’on en avait marre du métro-boulot-dodo. J’ai eu de la chance d’avoir grandi chez mes grands-parents agriculteurs dans le Cantal. Ça m’a donné les bases, même si j’avais tout oublié ! Aujourd’hui, je fais du maraîchage bio sur 2 hectares, j’élève 15 chèvres dont je transforme le lait, je m’occupe de 8 ruches et je rénove les bâtiments quand j’ai le temps. Claire gère la partie transformation et la vente directe, moi je suis plutôt terrain. Les enfants adorent la vie ici, même s’ils râlent parfois quand il faut donner un coup de main ! Sur ce blog, je raconte ce que je vis au quotidien : mes techniques qui marchent, mes plantages mémorables (et il y en a !), les trucs que m’ont appris les anciens du coin. Pas de grands discours, juste du concret testé sur le terrain. Parce qu’au final, on apprend tous ensemble, non ?




