Le prix du foin à la tonne pour 2026 devrait se situer entre 120 et 180 euros selon la qualité et la région, avec une tendance à la hausse par rapport aux années précédentes. Pour la paille, comptez entre 80 et 120 euros la tonne. Ces tarifs varient énormément selon le type de fourrage, la période d’achat et surtout les conditions climatiques qui influencent directement les récoltes. Depuis que je produis mon propre foin pour mes quinze chèvres, j’observe chaque année les fluctuations du marché avec attention, et franchement, 2026 s’annonce dans la continuité des années précédentes avec des prix qui restent soutenus. Claire me dit souvent que je passe plus de temps à calculer le coût de mes fourrages qu’à surveiller mes fromages, mais quand on sait qu’une tonne de bon foin représente un investissement conséquent, on comprend vite l’importance de ces chiffres !

Les prix actuels qui donnent une base pour 2026
Pour comprendre où on va, il faut d’abord savoir d’où on vient ! L’analyse des prix pratiqués ces dernières années me permet d’anticiper raisonnablement les tarifs de 2026.
En cette fin 2025, le foin de prairie naturelle première coupe se négocie entre 110 et 150 euros la tonne en Auvergne. Cette fourchette large reflète des qualités très variables selon les producteurs et les parcelles. Mon voisin Bernard vend son foin premium à 145 euros alors que Marcel, dont les prairies sont moins riches, peine à dépasser les 115 euros. Cette différence de valorisation s’explique par la composition florale, le stade de coupe et les conditions de récolte qui impactent directement la valeur nutritive.
Le foin de luzerne atteint des sommets avec des prix oscillant entre 180 et 220 euros la tonne. Cette légumineuse riche en protéines reste particulièrement recherchée pour les animaux à hauts besoins comme les vaches laitières en production ou les chevaux de sport. Je n’en produis pas personnellement car mes terres argileuses ne conviennent pas à cette culture exigeante. Quand j’en achète pour compléter la ration de mes chèvres en lactation, je me résigne à payer le prix fort.
La paille de blé standard se vend actuellement entre 75 et 100 euros la tonne selon les régions. Ce fourrage pauvre en valeur nutritive sert surtout de litière mais certains éleveurs l’incorporent en petite quantité dans les rations. Les prix de la paille suivent généralement l’évolution des cours des céréales dont elle constitue un sous-produit direct. Les bonnes récoltes céréalières de 2025 ont maintenu les tarifs relativement stables.
Les foins de regain récoltés en deuxième ou troisième coupe affichent des prix légèrement inférieurs aux premières coupes. Comptez 90 à 130 euros la tonne pour ces fourrages souvent moins volumineux mais parfois plus riches. Mon regain de fin août se vend généralement 20 euros de moins que ma première coupe de juin, malgré une qualité nutritive comparable. Cette décote s’explique par des volumes plus faibles et une demande moins pressante.
Les tarifs varient aussi considérablement selon le conditionnement. Les grosses balles rondes de 300 kg coûtent proportionnellement moins cher que les petites bottes rectangulaires de 15 kg plus faciles à manipuler. Cette différence de prix au kilo peut atteindre 30 à 40% entre les deux formats. Si vous vous interrogez sur les aspects pratiques du conditionnement, je partage mon expérience dans mon article sur le poids des différentes bottes de foin.
Cette photographie des prix fin 2025 constitue la base à partir de laquelle on peut raisonnablement projeter les tarifs de 2026.

Les facteurs qui vont influencer les prix en 2026
Prévoir les prix du foin relève presque de la divination tant les paramètres sont nombreux ! Mes sept années d’expérience m’ont néanmoins appris à identifier les variables qui comptent vraiment.
La météo de printemps 2026 conditionnera directement les volumes récoltés et donc les prix. Un printemps pluvieux qui retarde les fauches dégrade la qualité du fourrage et réduit les rendements. À l’inverse, un printemps idéal avec de la pluie en avril et du beau temps en mai-juin garantit des récoltes abondantes qui font baisser les cours. Cette dépendance climatique totale rend toute prévision extrêmement hasardeuse. Les prévisions saisonnières pour 2026 annoncent un printemps dans les normales, ce qui suggère des prix stables.
Le coût du carburant impacte directement les frais de récolte et donc le prix final du foin. Le gazole agricole représente un poste de dépense majeur pour les fauches, fanages et pressages répétés. Chaque hausse de 10 centimes au litre se répercute mécaniquement sur le prix du foin. Les tensions géopolitiques actuelles maintiennent une incertitude sur l’évolution des cours pétroliers qui se traduira inévitablement dans nos tarifs fourragers.
La demande nationale et européenne influence les équilibres de marché. Les années de sécheresse dans d’autres régions créent une demande exceptionnelle qui tire les prix vers le haut même localement. J’ai connu ça en 2022 quand les éleveurs du sud-ouest venaient acheter du foin jusqu’en Auvergne, faisant grimper les cours de 30% en quelques semaines. Ces déséquilibres géographiques perturbent complètement les marchés traditionnels.
Le développement de l’agriculture biologique modifie progressivement les prix. Le foin bio se négocie avec une prime de 20 à 40% par rapport au conventionnel, créant un marché dual. Cette segmentation croissante complexifie les prévisions car les deux marchés évoluent parfois de façon décorrélée. Mon passage progressif vers des pratiques plus respectueuses me fait regarder de près cette évolution, comme je l’explique dans mon approche de l’agriculture responsable.
L’inflation générale érode le pouvoir d’achat mais fait aussi grimper les coûts de production. Cette spirale inflationniste touche tous les intrants agricoles : engrais, carburant, main d’œuvre, matériel. Les producteurs répercutent naturellement ces hausses sur leurs prix de vente. La Banque Centrale prévoit une inflation autour de 2% pour 2026, ce qui se traduira mécaniquement dans les prix du fourrage.
Ces multiples variables rendent toute prévision précise illusoire, mais elles dessinent néanmoins une tendance générale relativement prévisible.

Mes prévisions réalistes pour les différents types de foin
Fort de mon expérience et de mes discussions avec les autres producteurs locaux, je peux avancer quelques estimations raisonnables ! Ces chiffres reflètent ce que j’observe sur mon marché auvergnat et peuvent différer dans d’autres régions.
Le foin de prairie naturelle première coupe devrait se situer entre 120 et 160 euros la tonne en 2026. Cette légère hausse de 5 à 10% par rapport à 2025 s’explique par l’inflation générale et la hausse des coûts de production. Mon propre foin que je vendais 130 euros en 2025 passera probablement à 140 euros, simplement pour maintenir ma marge face à l’augmentation du gazole et des pièces détachées. Cette progression modérée reste soutenable pour les acheteurs sans ruiner les producteurs.
La luzerne pourrait franchir le cap des 200 euros moyens avec une fourchette de 190 à 230 euros la tonne. Ce fourrage premium bénéficie d’une demande soutenue qui absorbe facilement les hausses de prix. Les éleveurs qui recherchent cette qualité acceptent de payer le prix fort car la valeur nutritionnelle justifie l’investissement. Bernard qui cultive 5 hectares de luzerne se frotte déjà les mains en anticipant ces tarifs attractifs.
La paille de céréales oscillera probablement entre 85 et 115 euros la tonne selon les disponibilités régionales. Ces prix dépendent étroitement des rendements céréaliers de l’été 2026 qui détermineront les volumes de paille disponibles. Une bonne moisson céréalière maintient les cours bas, tandis qu’une récolte médiocre tend les marchés. Les prévisions agricoles tablent sur des rendements normaux qui stabiliseraient les prix actuels.
Les foins spéciaux comme les mélanges trèfle-graminées ou les prairies temporaires afficheront des prix intermédiaires entre prairie naturelle et luzerne. Comptez 150 à 180 euros la tonne pour ces fourrages de qualité supérieure mais moins prestigieux que la luzerne pure. Mon petit hectare de prairie temporaire que j’ai semé il y a trois ans produit un excellent foin que je valorise à 155 euros, tarif qui montera probablement à 165 euros en 2026.
Les foins bio continueront leur progression avec une prime maintenue autour de 30% sur le conventionnel. Cette différenciation permet aux producteurs engagés dans cette démarche exigeante de valoriser leurs efforts. Les cours du foin bio de prairie naturelle devraient donc atteindre 160 à 200 euros la tonne. Cette valorisation supérieure compense partiellement les rendements souvent inférieurs de l’agriculture biologique.
Ces estimations restent des ordres de grandeur susceptibles d’évoluer selon les aléas climatiques et économiques de l’année à venir.

Les variations régionales à anticiper
Le prix du foin varie énormément d’une région à l’autre selon la géographie agricole locale ! Cette diversité tarifaire reflète les spécificités de chaque terroir et de chaque bassin d’élevage.
Les zones de montagne affichent traditionnellement des prix supérieurs de 10 à 20% aux plaines. Le relief complique la mécanisation et réduit les rendements par hectare, augmentant les coûts de production. Mes prairies auvergnates à 600 mètres d’altitude produisent environ 4 tonnes de foin par hectare contre 6 à 7 tonnes dans les plaines alluviales. Cette différence de productivité se répercute logiquement sur les tarifs de vente.
Les régions déficitaires en fourrage pratiquent des prix nettement supérieurs aux zones excédentaires. Le sud-ouest chroniquement sec paie son foin 20 à 30% plus cher que les régions herbagères de l’ouest. Ces écarts géographiques créent des flux commerciaux importants qui équilibrent partiellement les marchés. Marcel a déjà vendu du foin à des éleveurs du Gers qui remontaient spécialement chercher des stocks en Auvergne.
La proximité des grands bassins d’élevage influence les cours locaux. Les zones à forte densité de bovins ou d’équidés maintiennent une demande soutenue qui soutient les prix. Mon secteur auvergnat bénéficie de cette dynamique avec de nombreux élevages laitiers et allaitants gourmands en fourrage. Cette concentration d’acheteurs potentiels évite l’effondrement des cours même les bonnes années.
Les régions céréalières pratiquent des tarifs de paille inférieurs aux zones d’élevage pur. La Beauce ou la Champagne produisent d’énormes volumes de paille qui saturent les marchés locaux. Ces régions exportent massivement vers les zones déficitaires, créant des différentiels de prix qui peuvent atteindre 40 à 50 euros la tonne. Cette géographie des surplus et des déficits structure profondément les échanges nationaux.
Les départements frontaliers subissent l’influence des marchés voisins européens. Les producteurs de l’est peuvent exporter vers l’Allemagne ou la Suisse où les prix sont souvent supérieurs. Ces débouchés étrangers tirent les cours français vers le haut dans ces zones. À l’inverse, certaines régions frontalières importent du fourrage moins cher depuis l’Espagne ou l’Italie, créant une pression à la baisse sur les tarifs locaux.
Cette mosaïque régionale complexifie considérablement les prévisions et oblige à raisonner à l’échelle de son bassin local plutôt que nationalement.

Comment j’achète mon foin au meilleur prix ?
Même si je produis l’essentiel de mes besoins, j’achète toujours un complément pour sécuriser l’hiver ! Ces années d’expérience m’ont appris quelques astuces pour optimiser mes achats de fourrage.
L’achat sur pied avant la récolte permet souvent de négocier des tarifs avantageux. Cette formule engage l’acheteur avant de connaître la qualité exacte mais offre généralement une réduction de 10 à 15% sur les prix du marché. Je pratique régulièrement cette technique avec Bernard qui me réserve une partie de sa production moyennant un paiement anticipé. Ce partenariat gagnant-gagnant lui assure une trésorerie immédiate et me garantit un approvisionnement sécurisé.
L’achat en grosse quantité juste après la récolte bénéficie des meilleurs tarifs de l’année. Les producteurs préfèrent vendre rapidement pour libérer leurs hangars et leurs trésoreries. Cette période de juin-juillet voit généralement les prix au plus bas avant qu’ils ne remontent progressivement pendant l’hiver. Mon hangar peut stocker 15 tonnes, ce qui me permet de profiter pleinement de cette fenêtre d’opportunité annuelle.
La négociation directe avec les producteurs évite les marges des négociants intermédiaires. Cette relation directe producteur-éleveur fait économiser 15 à 25 euros par tonne tout en créant des liens de confiance. Je connais personnellement tous mes fournisseurs de foin, ce qui facilite les arrangements et garantit une traçabilité parfaite de mes approvisionnements. Cette proximité permet aussi de visiter les parcelles avant achat pour évaluer la qualité attendue.
L’acceptation de formats moins pratiques réduit considérablement les coûts. Les grosses balles rondes coûtent 20 à 30% moins cher au kilo que les petites bottes rectangulaires. Cette économie justifie largement l’investissement dans un équipement de manutention adapté. D’ailleurs, si vous envisagez de produire votre propre foin, je partage mon expérience sur le coût d’une presse à balles rondes.
Le regroupement d’achat avec d’autres petits éleveurs augmente le pouvoir de négociation. Nous sommes trois voisins à commander ensemble notre complément de luzerne, ce qui nous permet d’obtenir le tarif réservé aux gros volumes. Cette mutualisation intelligente profite à tous sans compliquer excessivement l’organisation. Le producteur livre les trois lots en une seule tournée, économisant du temps et du carburant qu’il répercute sur le prix.
Ces stratégies d’achat malin permettent d’économiser plusieurs centaines d’euros par an sur un poste de dépense qui pèse lourd dans le budget fourrager.

Les erreurs qui coûtent cher aux acheteurs
Mes premières années d’élevage ont été marquées par des achats hasardeux qui m’ont appris à mes dépens ! Ces erreurs classiques se répètent malheureusement chez beaucoup de débutants.
L’achat en urgence en plein hiver fait flamber la facture de 30 à 50% par rapport aux tarifs de récolte. Cette improvisation coûteuse révèle un défaut de planification qui se paie cash. Ma première année, j’ai sous-estimé mes besoins et j’ai dû acheter du foin en février à des prix exorbitants. Cette leçon douloureuse m’a appris à calculer précisément mes stocks nécessaires dès l’automne.
La négligence de l’analyse de la qualité peut faire acheter de la mauvaise herbe au prix du bon foin. Un fourrage poussiéreux, moisi ou mal conservé ne nourrit pas correctement les animaux et peut même les rendre malades. J’ai acheté une fois 5 tonnes de foin qui sentait le moisi dès l’ouverture des balles. Cette catastrophe m’a coûté le prix du foin plus les frais vétérinaires pour soigner mes chèvres malades.
L’achat sans vérification du poids réel des balles favorise les arnaques. Certains vendeurs peu scrupuleux annoncent des balles de 300 kg qui n’en pèsent que 250. Cette différence de 15 à 20% se traduit par un surcoût proportionnel au kilo réel. Je pèse maintenant systématiquement un échantillon de balles avant de finaliser l’achat. Cette vérification élémentaire évite les mauvaises surprises.
L’absence de contrat écrit expose à des litiges difficiles à résoudre. Un accord verbal sur la qualité, le prix et le calendrier de livraison peut être contesté en cas de désaccord. Mes achats importants font toujours l’objet d’un bon de commande signé qui protège les deux parties. Cette formalisation minimale évite les malentendus et facilite les recours en cas de problème.
Le stockage inadapté dégrade rapidement la qualité et gaspille l’investissement. Du foin laissé dehors sous la pluie perd 40 à 60% de sa valeur nutritive en quelques semaines. Mon premier hiver, j’avais stocké une partie de mes balles sous une simple bâche qui n’a pas résisté aux intempéries. Cette négligence m’a fait perdre 2 tonnes de foin qui ont littéralement pourri sous mes yeux.
Ces erreurs évitables représentent des pertes financières importantes qui grèvent lourdement le budget fourrager des élevages mal organisés.
Les alternatives au foin traditionnel à considérer
Face à la hausse continue des prix du foin, explorer d’autres options fourragères devient pertinent ! Mon expérience m’a fait découvrir plusieurs solutions complémentaires intéressantes.
L’enrubannage constitue une alternative sérieuse au foin sec traditionnel. Cette technique de conservation sous plastique préserve davantage de valeur nutritive et permet de récolter par temps incertain. Le coût légèrement supérieur (130 à 170 euros la tonne) se compense par une meilleure qualité et une sécurité de récolte. Plusieurs éleveurs de mon secteur abandonnent progressivement le foin sec au profit de cette technique plus moderne et fiable.
Le pâturage hivernal sur prairies portantes réduit considérablement les besoins en foin stocké. Cette pratique demande une gestion fine de l’herbe et des conditions météo favorables. Mes chèvres sortent tous les jours d’hiver quand le sol n’est pas gelé, ce qui économise facilement 20 à 30% de foin. Cette valorisation directe de l’herbe évite les coûts de récolte et de stockage tout en améliorant le bien-être animal.
Les cultures dérobées comme le ray-grass d’Italie fournissent du fourrage à moindre coût entre deux cultures principales. Ces implantations opportunistes valorisent les intercultures qui resteraient sinon improductives. Mon voisin Marcel sème systématiquement du ray-grass après ses céréales et récolte une coupe en octobre-novembre. Ce fourrage d’appoint lui coûte environ 80 euros la tonne, charges comprises, soit nettement moins cher que l’achat de foin.
Les méteils fourragers associant céréales et protéagineux offrent une alternative nutritive intéressante. Ces mélanges récoltés en vert ou enrubannés fournissent un fourrage riche qui complète efficacement le foin de base. Le coût de production reste modéré autour de 100-120 euros la tonne. Cette diversification fourragère sécurise l’alimentation tout en réduisant la dépendance aux achats extérieurs.
La luzerne déshydratée en granulés évite les problèmes de stockage du foin vrac. Ce concentré protéique se conserve parfaitement et se distribue facilement. Son prix élevé (250 à 300 euros la tonne) se justifie par sa richesse nutritionnelle exceptionnelle. J’en utilise en complément hivernal pour mes chèvres en lactation, leur apportant un boost protéique qui améliore leur production laitière.
Cette diversification des sources fourragères limite les risques et optimise les coûts d’alimentation sur l’ensemble de l’année.
Comment vendre son propre foin en 2026 ?
Pour ceux qui produisent plus que leurs besoins, la vente de foin peut générer un revenu complémentaire intéressant ! Mon petit hectare excédentaire me rapporte quelques milliers d’euros chaque année.
La qualité irréprochable reste le meilleur argument commercial pour valoriser sa production. Un foin vert, bien sec, non poussiéreux et récolté au bon stade se vend 15 à 20% plus cher que la moyenne. Cette prime qualité récompense l’attention portée aux conditions de fauche et de stockage. Mes clients réguliers acceptent de payer 10 euros de plus la tonne parce qu’ils savent que mon foin ne leur posera jamais de problèmes sanitaires.
La vente directe à des particuliers propriétaires de chevaux pratique des tarifs supérieurs de 20 à 40% aux tarifs agricoles. Ces acheteurs recherchent la qualité et la praticité plus que le prix minimum. Mes petites bottes rectangulaires de 15 kg partent à 3 euros pièce soit 200 euros la tonne, alors que mes grosses balles rondes se négocient à 45 euros soit 150 euros la tonne. Cette segmentation tarifaire optimise la valorisation de ma production.
La contractualisation précoce sécurise les débouchés avant même la récolte. Plusieurs éleveurs me réservent des volumes en mars-avril moyennant une avance de 30%. Cette précommande garantit l’écoulement de ma production et facilite ma planification. Les acheteurs bénéficient d’un prix légèrement inférieur au marché spot et d’une priorité sur les meilleures qualités.
La livraison à domicile justifie un surcoût de 15 à 25 euros la tonne selon les distances. Ce service apprécié des petits acheteurs sans matériel de transport améliore significativement la marge. Je livre régulièrement dans un rayon de 30 km, ce qui me permet de facturer mes déplacements tout en fidélisant une clientèle locale. Cette prestation complète différencie mon offre des simples ventes départ ferme.
La présence sur les plateformes de vente agricoles élargit considérablement le marché potentiel. Ces sites spécialisés mettent en relation vendeurs et acheteurs sur de larges territoires. Mon annonce sur La Bourse du Foin m’a permis de vendre 8 tonnes l’an dernier à des éleveurs que je n’aurais jamais touchés par mes réseaux traditionnels. Cette visibilité numérique modernise la commercialisation tout en restant accessible aux petits producteurs.
Ces stratégies de commercialisation transforment un simple stock excédentaire en source de revenus complémentaires non négligeables.
Mes conseils pour anticiper vos besoins 2026
Une planification rigoureuse évite les achats paniqués hors de prix en plein hiver ! Cette organisation prévisionnelle fait partie intégrante de la gestion d’un élevage rationnel.
Le calcul précis des besoins part de la consommation journalière réelle de vos animaux. Une chèvre consomme environ 2 kg de foin par jour en hiver, soit 180 kg sur une période de stabulation de trois mois. Mes quinze chèvres nécessitent donc 2,7 tonnes pour l’hiver auxquelles j’ajoute 20% de sécurité. Cette méthode mathématique simple évite les approximations hasardeuses qui conduisent aux ruptures de stock.
La constitution d’un stock tampon de sécurité protège contre les aléas climatiques et les hausses de prix. Je vise systématiquement 30% de réserve au-delà de mes besoins calculés. Cette marge de sécurité m’a sauvé plusieurs fois lors d’hivers exceptionnellement longs ou de printemps pourris qui retardaient la mise à l’herbe. Ce matelas de sécurité représente un investissement mais garantit la tranquillité d’esprit.
La commande anticipée dès le printemps verrouille les tarifs avant les éventuelles hausses estivales. Cette stratégie d’achat à terme limite l’exposition aux fluctuations de marché. Je négocie généralement mes volumes en avril-mai avec livraison échelonnée après les récoltes. Cette anticipation me permet de budgéter précisément mes charges fourragères sur l’exercice.
La diversification des fournisseurs évite la dépendance à une source unique susceptible de défaillir. Mes approvisionnements se répartissent entre ma propre production (60%), Bernard (25%) et un négociant local (15%). Cette répartition sécurise mes besoins même en cas de problème chez l’un de mes fournisseurs. La redondance des sources coûte légèrement plus cher mais garantit la continuité d’approvisionnement.
L’optimisation du stockage préserve la qualité et évite les pertes qui grèvent le budget réel. Un hangar bien ventilé, à l’abri de l’humidité, conserve parfaitement le foin pendant 18 mois. Mon investissement de 15 000 euros dans un hangar agricole s’est amorti en cinq ans grâce aux économies réalisées sur les pertes et les achats d’urgence. Cette infrastructure de base conditionne la rentabilité globale de la stratégie fourragère.
Voici mes recommandations essentielles pour gérer vos achats de foin en 2026 :
- Achetez immédiatement après la récolte en juin-juillet quand les tarifs sont au plus bas avant de remonter progressivement pendant l’hiver, économisant ainsi 15 à 25% par rapport aux achats tardifs de janvier-février.
- Calculez précisément vos besoins en multipliant la consommation journalière par animal par le nombre de jours de stabulation, puis ajoutez systématiquement une marge de sécurité de 20 à 30% pour absorber les imprévus.
- Privilégiez l’achat direct aux producteurs locaux qui permet d’économiser 15 à 25 euros par tonne tout en créant des relations de confiance facilitant les arrangements et garantissant la traçabilité complète de vos approvisionnements.
- Vérifiez systématiquement la qualité en inspectant la couleur, l’odeur et l’absence de poussière ou de moisissures avant tout achat important, car un fourrage de mauvaise qualité peut rendre vos animaux malades et annuler toute économie réalisée.
- Investissez dans un stockage adapté avec un hangar ventilé et à l’abri de l’humidité qui préserve la qualité du foin pendant 18 mois et évite les pertes catastrophiques qui peuvent atteindre 40 à 60% de la valeur nutritive en quelques semaines.
Le prix du foin pour 2026 devrait rester dans la continuité des années récentes avec une tendance haussière modérée reflétant l’inflation générale et l’augmentation des coûts de production. Cette relative stabilité des cours fourragères contraste avec les fortes variations observées lors des années de sécheresse exceptionnelle. L’anticipation et la planification restent les meilleures armes pour maîtriser ce poste de dépense majeur dans tout élevage herbivore. Mes années d’expérience m’ont appris que les économies substantielles se réalisent davantage par une organisation rigoureuse que par la recherche du prix le plus bas à tout prix.
La qualité du fourrage conditionne directement la santé et la productivité de mes animaux, justifiant largement un investissement dans des approvisionnements premium. Cette vision à long terme transforme l’achat de foin d’une simple charge subie en un investissement stratégique qui sécurise l’autonomie alimentaire de l’exploitation. Et franchement, après sept années à jongler avec les marchés fourragers, je peux vous dire qu’un hangar plein de bon foin en novembre vaut tous les placements financiers du monde pour dormir tranquille pendant l’hiver !

Salut ! Moi c’est Émilien, 38 ans, et si on m’avait dit il y a 10 ans que je me leverais à 6h pour aller traire des chèvres, j’aurais bien rigolé !
Ancien informaticien à Lyon pendant 12 ans, j’ai tout quitté en 2018 avec ma femme Claire et nos deux enfants pour reprendre une ferme de 8 hectares en Auvergne. Pas par romantisme, enfin pas que, mais parce qu’on en avait marre du métro-boulot-dodo.
J’ai eu de la chance d’avoir grandi chez mes grands-parents agriculteurs dans le Cantal. Ça m’a donné les bases, même si j’avais tout oublié ! Aujourd’hui, je fais du maraîchage bio sur 2 hectares, j’élève 15 chèvres dont je transforme le lait, je m’occupe de 8 ruches et je rénove les bâtiments quand j’ai le temps.
Claire gère la partie transformation et la vente directe, moi je suis plutôt terrain. Les enfants adorent la vie ici, même s’ils râlent parfois quand il faut donner un coup de main !
Sur ce blog, je raconte ce que je vis au quotidien : mes techniques qui marchent, mes plantages mémorables (et il y en a !), les trucs que m’ont appris les anciens du coin. Pas de grands discours, juste du concret testé sur le terrain.
Parce qu’au final, on apprend tous ensemble, non ?




